Marine Le Pen a perdu, êtes-vous déçu ?
Non, car 11 millions de Français ont voté pour elle. Jamais notre mouvement n’a eu autant d’électeurs. Et beaucoup de nouveaux électeurs ont voté pour nous pour la première fois. C’est une victoire historique. Parallèlement, nous vivons aussi la plus grande escroquerie de l’histoire. Monsieur Macron et En Marche ! ont été montés par une oligarchie massivement rejetée et qui se maintient au pouvoir.

Pour vous, c’est donc François Hollande qui a gagné ?
Oui, alors qu’il était massivement rejeté par les Français. Jean-Yves Le Drian est d’ailleurs la preuve de l’escroquerie politique qu’est M. Macron. Il fait partie lui-même de « l’establishment », et il est monté sur le pont de M. Macron pour être sur le même bateau. Les Français voulaient changer de visages et en fin de compte, ils vont se retrouver avec les mêmes.

Marine Le Pen ne paie-t-elle pas sa mauvaise prestation lors du débat de l’entre-deux tours ?
Je ne le crois pas. Le débat n’a pas eu d’influence, même s’il a suscité beaucoup de commentaires.

Comment analysez-vous les résultats en Bretagne ?

Nous savons bien que la Bretagne est pour nous une terre plus difficile qu’ailleurs. Mais jamais autant de Bretons n’auront voté pour nous. C’est un socle solide pour l’avenir. C’est encourageant, d’autant qu’il y a beaucoup de primo-votants.

Croyez-vous en une dynamique favorable au FN pour les législatives ?
Oui, car le camp des Républicains et des centristes est discrédité. Ils vont combattre Macron alors qu’ils l’ont soutenu pendant quinze jours. Par définition, les Français vont nous faire confiance pour être la véritable opposition.

Y compris en Bretagne ?
Le paysage politique est complètement éclaté. La France Insoumise n’a pas disparu. On pourra avoir de nombreuses triangulaires dans les circonscriptions, comme celle dans laquelle je serai candidat (6ème circonscription d’Ille-et-Vilaine).

Ces résultats ne sont-ils pas encore une fois le signe du fameux « plafond de verre » pour le Front national ?
Nous allons travailler pour le faire disparaître et profiter du profond renouvellement du paysage politique français pour rassembler plus large tous les patriotes.

En Bretagne, Marine Le Pen réalise de mauvais scores dans les villes. Cela ne constitue-t-il pas un handicap pour un parti qui veut remporter des élections majeures ?
C’est un de nos soucis. Il y a la France des villes et la France des campagnes. C’est à cette France-là, qui souffre, que je pense car ce sont des gens abandonnés.

Source: Le Télégramme – 8 mai 2017